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Investissements publics : une réponse sociale à la crise économique

jeudi 18 octobre 2012
Par Karine Guichard

Dans une période où les politiques d’austérité sont présentées comme seul moyen d’atteindre l’objectif d’assainissement des finances publiques, la Cgt estime que, contre les exigences de la finance, il faut s’engager vers des politiques qui donnent la priorité au développement humain et soutiennent le pouvoir d’achat et la création d’emplois, pour redonner du souffle au développement économique.

Les orientations du gouvernement sur les finances publiques se fixent comme objectif prioritaire la baisse du déficit du budget de l’Etat. Pour cela, deux leviers sont utilisés. Une inflexion par rapport aux politiques précédentes permet la hausse des recettes, par un accroissement des recettes fiscales. Par contre, l’autre levier qui reste dans la lignée des politiques européennes, est la baisse programmée des dépenses publiques et notamment des investissements. Cette rigueur annoncées est confirmée par la signature du traité européen sur la stabilité. Celui-ci, par sa rigueur obligatoire met en péril des financements nécessaires et interdira aux pays européens d’investir pour l’avenir de leur populations. C’est une des raisons pour laquelle la Cgt et la CES se sont prononcées contre la ratification.

Les investissements publics sont actuellement réalisés à plus de 70 % par les collectivités locales (Région, Départements, intercommunalités, communes). L’Etat prévoit une baisse des dotations finançant ces investissements. De plus, les collectivités ont du mal à emprunter auprès des banques.

Pour la Cgt, les investissements doivent être financés par l’emprunt, c’est un non sens économique de faire payer sur le budget d’une année, des équipements qui seront utilisées pendant plusieurs décennies comme des lycées, des routes ou autres infrastructures. De même, de nombreux investissements sont nécessaires pour faire face aux enjeux de développement humain durable.

Par contre, la dette de la France est effectivement préoccupante, pas par son ampleur. Ce qui nous interroge c’est : qui sont les prêteurs et où vont les intérêts. Actuellement, une part importante de notre budget, et de celui des autres pays européens, part directement dans le secteur bancaire et contribue à alimenter des fonds spéculatifs.

Pour la Cgt, les investissements publics doivent être maintenus afin de répondre aux besoins de la population ainsi qu’à ceux des générations futures. Elle propose un financement par un livret d’épargne déconnecté des marchés financiers en appui d’un pôle de financement public, véritables leviers de réussite pour réorienter l’ensemble du système. La Cgt a eu l’occasion de rappeler son positionnement lors de l’examen des décisions modificatives du budget régional au Ceser.