3 questions à l’Adees Rhône Alpes

mardi 12 mars 2013
Par Karine Guichard

- L’Adees a tenu son assemblée générale le 26 février. Quelles sont les spécificités de l’Adees et ses liens avec le comité régional ?

L’ADEES, l’association pour le développement des études économiques et sociales, est l’outil économique de la CGT Rhône Alpes, constituée des UD et des branches professionnelles organisées en Région.


La principale spécificité de l’ADEES est d’être un centre de recherche en socio-économie, directement en lien avec les syndicalistes. Le travail de l’ADEES repose sur les « recherches – actions » sur des thèmes divers, qui résultent d’allers-retours permanents entre les apports théoriques et méthodologiques et l’activité des syndicalistes et salariés dans les entreprises.

L’ADEES est au service des organisations CGT de la Région, qu’ils s’agissent des UD, UL, Branches, syndicats. Elle est régulièrement sollicitée pour animer des formations, des journées d’études, des débats publics, etc.

- Peux tu nous expliquer les différentes actions que vous avez menées cette dernière année ?

Outre les sollicitations ponctuelles mais très nombreuses pour animer des formations ou journées d’études, ou encore pour accompagner les UD ou branches dans des rendez-vous (ex. : pour rencontrer des responsables de grappes d’entreprises ou de pôles de compétitivité, etc.), l’activité de l’ADEES en 2011-2012 s’est articulée autour de 3 grands axes :

1. Le programme « anticipation des mutations socio-économiques et appropriation syndicale », qui est un programme de recherche – action porté par l’ADEES, co-financé par l’Etat et la Région.

Depuis deux ans, l’ADEES, en lien étroit avec les UD et branches professionnelles de la région, travaille sur les transformations socio-économiques (c’est-à-dire les transformations productives, des produits, des procédés, mais aussi les transformations du travail et de l’emploi qui en découlent). Comment on anticipe ces mutations, comment on s’approprie syndicalement les enjeux qu’elles posent (ex. : des politiques d’innovation qui tendent de plus en plus à tenir lieu de politique industrielle, les liens entre la recherche, l’innovation et l’industrialisation, etc.). L’anticipation et l’appropriation de ces transformations se font toujours dans l’objectif de renforcer l’efficacité syndicale (notamment en ouvrant des perspectives aux salariés dans les entreprises), et de peser sur les choix stratégiques.

C’est ainsi que l’ADEES, avec 35 militantes et militants CGT de la région, de tous départements et professions de la région, ont élaboré collectivement un outil syndical d’analyse et de diagnostic, autour de l’idée suivante : l’industrie a un avenir, à condition qu’elle se transforme structurellement et qu’elle soit réorientée vers la réponse aux besoins économiques, sociaux et environnementaux, en lien étroit avec les services, et les services publics.

2. Le programme « Sécurisation des parcours professionnels », (cliquer pour en savoir plus) mené en partenariat entre l’Université Pierre Mendès France de Grenoble, la CGT RA et la CFDT RA, sur un financement de l’Etat ,la Région et le fonds social européen.


Dans ce cadre, l’ADEES travaille sur les pôles de compétitivité (leur place dans la politique d’innovation régionale, les enjeux en termes de démocratie sociale et citoyenne que ce type d’instances posent, l’accès à l’information par les salariés, etc.) et l’aide à domicile (précarité de ce salariat féminin, enjeux de régulation marchande du secteur depuis la Loi Borloo de 2005, les enjeux en termes de financements de ces activités, etc.).

3. Le troisième axe de l’activité de l’ADEES, en filigrane de l’ensemble des activités, est l’importante activité de recherche, en lien avec des réseaux universitaires, qui permettent d’alimenter et de mettre en débats les retours des salariés et syndicalistes.

- Quelles sont les cibles de travail que vous avez décidé pour les prochaines années ?

L’activité de l’ADEES pour l’année 2013 va principalement porter sur :

Ø La poursuite de tout le travail sur aide à domicile (notamment les espaces de dialogue social territorial dans ce secteur)

Ø La poursuite du travail d’anticipation des transformations socio-économiques et d’appropriation syndicale autour de 3 cibles principales (mais qui n’en excluent pas d’autres !) :

o Giant sur la presqu’île scientifique grenobloise

o MécaBourg, qui est une grappe d’entreprises de la métallurgie dans l’Ain

o La définition de la filière santé, et l’analyse des innovations dans la santé.

Ø L’aide et le suivi de l’appropriation syndicale autour des enjeux de régionalisation / métropolisation et territorialisation des politiques publiques.