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La feuille de route de la conférence du comité régional Cgt Rhône Alpes

mardi 12 février 2013
Par Stéphane Bochard

Comme il l’a été annoncé lors de l’ouverture de notre 14ème conférence régionale par Bruno BOUVIER, secrétaire général, nous avons tenté à partir des interventions de chacun dans les plénières et les ateliers, de dresser une feuille de route pour les 3 prochaines années.

Il s’agit des priorités que l’on se fixe au niveau du Comité Régional. Un certain nombre de questions venues lors de notre assemblée seront abordées lors du débat préparatoire au congrès confédéral.

La présentation qui va suivre se veut pour l’instant synthétique. Il ne s’agit pas d’une retranscription de nos échanges ni d’un catalogue exhaustif de toutes les revendications mais d’une feuille de route qui sera complétée ces prochaines semaines par le Comité Régional CGT RA et vous sera envoyé.

Le travailler ensemble : axe fort de la Région Cgt Rhône Alpes

Nous allons aborder tout d’abord la question du « travailler ensemble » dans la CGT et Rhône Alpes.

Ce débat, nous l’avons tenu et nous le tenons depuis plusieurs conférences régionales. Il apparaît au travers du grand nombre d’interventions qu’il s’installe dans nos pratiques avec des progrès continus. Les militants cgt expriment une envie de bouger et de faire avancer les choses.

Beaucoup s’accorde à dire que le travailler ensemble n’est pas simple et qu’il n’est pas naturel. Il prend du temps à émerger. Pourtant à l’heure où le tout libéral génère l’individualisme, précarise le salariat, détruit et déstructure l’activité industrielle, tertiaire, maltraite le travail et démantèle les services publics, le travailler ensemble est plus nécessaire que jamais.


Plus nécessaire pour faire quoi ? Pour faire avancer les revendications des salariés, des chômeurs, des privés d’emploi et des retraités sur nos territoires.

A cet effet, les expériences menées par les uns et les autres sont riches d’enseignement. Elles démontrent à la fois les freins que nous rencontrons et les avancées que nous avons faits et qui restent à faire. Le travailler ensemble prend alors plusieurs dimensions. Il peut être porté par un collectif issu d’une branche professionnelle ou d’une Union Départementale ou Locale. C’est la volonté au sein des entreprises de la Chimie d’un bassin pour ancrer l’activité syndicale malgré des changements de propriétaires de créer un syndicat de plateforme. C’est ainsi permettre la syndicalisation des salariés des entreprises sous-traitantes et la prise en compte de leurs revendications. Il peut se faire aussi à partir de nos structures CGT, comme en Isère avec le collectif Fonction Publique issu des 3 fonctions publiques Dans tous les cas, il part bien d’une problématique partagée par les uns et les autres.

Un travailler ensemble s’articulant autour de projets associant les syndicats

C’est pourquoi il apparaît intéressant de développer une démarche de projet qui vienne des spécificités du territoire comme des branches. Le transport, l’énergie, la précarité du travail saisonnier, l’aide à la personne sont des initiatives qui ont souvent été portées avec une ouverture sur le public et/ou avec d’autres organisations syndicales.

Les expériences qui se sont déroulées nous montrent qu’il nous faut des coopérations, des convergences à périmètre variable entre nos structures pour porter ces projets. Elles ne peuvent se réaliser sans confiance entre nous. Cela est nécessaire pour éviter une tendance au repli sur nos structures. La confiance qui s’est créée entre les structures CGT du Collectif Recherche Industrie Formation nous le démontre.

Elles contribuent aussi à la qualité de vie syndicale, ce que nous a confirmé l’atelier 1, sur le travailler ensemble et travailler autrement. Partant d’une réelle prise en compte de la mutation du salariat, les participants s’interrogent sur l’impulsion régionale pertinente pour relever ce défi. La syndicalisation de ces nouveaux salariés précaires, isolés nécessite un syndicalisme au plus près des territoires : syndicats professionnels ou interprofessionnels départementaux, locaux, bassins d’emploi. Il nécessite aussi un changement de nos habitudes. L’exemple des aides à domicile avec un déploiement sur le territoire et des rencontres en soirée peut nous inspirer pour d’autres projets.

Un travailler ensemble pour faire face aux mutations de notre société

Nous ne sommes pas seulement confrontés aux mutations du salariat mais à celle de l’ensemble de notre société. Mutations technologiques, de production, prise en compte des enjeux environnementaux ont un impact sur l’humain et les salariés. La revendication cgt du développement humain durable s’affirme comme la réponse. L’atelier 2 a validé la démarche anticipation mise en œuvre depuis 3 ans avec les syndicats et les structures interpro. A partir d’un diagnostic puis de propositions, il vise à une reconquête industrielle en lien avec des services publics. Pour les participants, les salariés sont légitimes à intervenir sur les questions stratégiques de l’entreprise.

Le développement humain durable permet aux syndicats de poser la question de la relocalisation de la production, de ce qu’on produit, de la place et du sens du travail dans l’entreprise.

Pour agir sur les stratégies, il nous faut des lieux de décision où les salariés peuvent peser. Il s’agit à la fois d’améliorer les droits des IRP et d’obtenir des droits nouveaux qui permettent notamment aux salariés et aux organisations syndicales des petites et moyennes entreprises d’exercer leurs droits et de peser sur les choix. Il faut également clarifier les différentes structures et instances chargées de favoriser l’implication des citoyens et des salariés sur les territoires afin que celles-ci répondent réellement aux besoins de tous. Energie, transport, services publics, école, recherche sont uniquement abordés sous l’angle budgétaire, il faut inverser et partir des besoins des citoyens.

A partir de ce constat, et la reconnaissance par tous de l’impact négatif que va entrainer le futur acte 3 de la décentralisation, l’atelier 3 propose d’amplifier le débat dans et hors de la Cgt, en s’appuyant sur les initiatives qui ont déjà eu lieu : services publics, cheminots, recherche, etc….


Ce besoin de débat a été d’ailleurs transversal à tous les ateliers. En effet, nous avons ressenti le manque de temps pour échanger entre nous. Nous proposons d’intégrer dans la feuille de route du comité régional des initiatives entre deux conférences pour approfondir les sujets et les perspectives des ateliers : travailler ensemble, qualité de vie syndicale, l’anticipation, le développement humain durable et la question des territoires. Les expériences présentées ici doivent être connues plus largement dans notre région, il nous faudra trouver des moyens de les partager.

Cette feuille de route se déclinera pendant 3 ans.
Le débat de ce matin et l’actualité revendicative nous fixent également des objectifs pour les jours qui suivent :
-  Débat avec les salariés sur l’ANI sur la sécurisation de l’emploi
-  Préparation du 50ème congrès avec notamment le forum service public et industrie le 7 mars à Grenoble
-  La réussite de la journée d’action du 31 janvier de la fonction publique
Cette feuille de route permettra à la cgt d’être au plus près des salariés et des territoires pour être plus efficace dans la lutte en Rhône Alpes.