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Pour une politique de transport ambitieuse en Rhône Alpes

lundi 10 septembre 2012
Par Murcia jean-raymond

Il est urgent que l’Etat et les pouvoirs publics mettent en œuvre de manière volontariste sur notre territoire, les recommandations du protocole de Kyoto pour limiter la production des gaz à effet de serre et engager une réorientation des flux de voyageurs et de fret, de la route vers les autres modes alternatifs, particulièrement le ferroviaire et le fluvial.

Pour une vision globale des transports

Pour la CGT, ce document de réflexion est l’occasion de réaffirmer le besoin d’une politique nationale des transports cohérente et coordonnée, compatible avec le développement durable et les exigences environnementales qui favorisent l’emploi et répondent aux besoins de déplacements des populations et des activités économiques.

Toutes options ne prenant en compte que le développement des capacités autoroutières participeraient à une nouvelle dégradation environnementale du système de transport et serait à l’évidence en contradiction avec cet objectif impérieux.

Afin que notre région ne soit pas déconnectée de l’ensemble du territoire national, il nous paraît pertinent d’examiner la problématique générale des transports, pour donner un éclairage dépassant le sillon rhodanien.

Une telle vision est nécessaire pour se projeter au-delà de 2020. La CGT Rhône Alpes milite pour :

- Les échanges avec l’ensemble du bassin méditerranéen, Espagne/Italie, avec le prolongement vers l’Est de l’Europe, ce qui passe notamment par la réalisation du Lyon-Turin, de la percée ferroviaire sous le Montgenèvre et par un développement du cabotage maritime.
- Le franchissement du massif central par le fer d’Ouest en Est et inversement à la hauteur de Lyon pour le fret et les voyageurs.

Les transports doivent au contraire permettre aux territoires de valoriser leurs différences et leurs complémentarités en vue de fédérer un développement plus cohérent et équilibré.

En ce sens, la réalisation des infrastructures de transports, de logistiques et des grands équipements nécessaires, doit :

  • favoriser le développement des pôles d’activités industrielles et de recherche déjà structurés,
  • conforter l’économie portuaire maritime et fluviale,
  • soutenir l’économie de proximité et les dynamiques locales,
  • contribuer au développement des bassins en reconversion,
  • répondre aux exigences de liaisons à grande vitesse pour les voyageurs et le tourisme,
  • satisfaire à une offre de service public de transports collectifs modernes et performants,
  • garantir une desserte de qualité pour l’ensemble des villages et localités en milieu rural, aujourd’hui mal connectés aux différents réseaux, quand ils ne sont pas totalement enclavés.

Des alternatives au tout routier

La question des alternatives à l’hégémonie de transport routier est nécessaire. Le report modal est une question récurrente et incontournable. Sans contrainte, il est illusoire d’envisager que des avancées soient réalisées pour la qualité de vie, l’environnement et la maîtrise d’énergie. Dans le contexte actuel du marché, le Poids Lourd apparaît comme le mode le plus souple, le plus adapté et le plus rentable.

En revanche, du point de vue de l’intérêt général, si l’on intègre les « coûts externes », c’est-à-dire la somme des coûts induits (pollution atmosphérique, consommation énergétique, accidents, temps perdu…), supportés pour l’essentiel par la collectivité, la donne n’est plus la même… En 2000, le total de ces coûts induits pour l’Europe des 15 était estimé à 650 milliards d’€ !

Pour la CGT, il s’agit à présent d’avancer concrètement pour passer des discours aux actes ! Cela passe en premier lieu par la réalisation des infrastructures ferroviaires, encore en attente à ce jour.

De même l’alternative fluviale que constitue le Rhône apparaît d’évidence comme une solution à développer sans délai. Des études confirment qu’il est possible, sans investissement lourd, de multiplier par 10 le volume du fret transporté sur le Rhône.

Il importe toutefois de fiabiliser et de sécuriser les écluses, de développer le système d’information aux utilisateurs de la voie d’eau, d’optimiser les capacités de desserte des ports fluviaux par une meilleure connexion avec le ferroviaire. La CGT considère que la CNR, qui a des missions d’intérêt général, doit être un acteur essentiel pour conduire en partenariat avec les collectivités territoriales concernées les études et les opérations utiles pour la réalisation des travaux qui en résultent.

C’est dès aujourd’hui qu’il convient de mettre en chantier les démarches utiles pour organiser les transports dans une conception multimodale complémentaire et efficace pour les décennies futures.