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Séminaire de clôture du projet anticipation : intervention de Jean Christophe Le Duigou

mercredi 25 juillet 2012, par Karine Guichard

Pour Jean Christophe Le Duigou le travail réalisé permet à la Cgt de remplir totalement son rôle. En effet, une organisation syndicale a besoin de connaissances au service de l’action. La démarche syndicale n’est pas uniquement réactive. Elle doit également être stratégique et constructive.

Ce n’est pas en niant les trans­for­ma­tions que l’on pourra peser sur leurs conte­nus. Vouloir voir les muta­tions ne veut pas dire qu’on ne veut pas les chan­ger. L’ana­lyse régio­nale faite par l’Adees sur les muta­tions est iden­ti­que à celle effec­tuée au niveau euro­péen. La ques­tion du tra­vail et de son deve­nir est pré­sent sur tout le ter­ri­toire euro­péen, mais absent des som­mets offi­ciels.

Emploi ou tra­vail

L’alter­na­tive ne se pose pas entre une évolution de l’emploi ou une trans­for­ma­tion du tra­vail, mais dans le cumul des deux. Pour les ana­lys­tes libé­raux, nous sommes uni­que­ment sur une évolution de l’emploi à partir de deux théo­ries :
-  Théorie du déver­se­ment (Fourastier) : on pas­se­rait d’une société agri­cole, à une société indus­trielle et puis ter­tiaire, et les emplois se déver­se­raient à chaque fois d’un sec­teur à l’autre.
-  Théorie de la des­truc­tion créa­trice (Schumpeter) : les emplois détruits sont com­pen­sés par des emplois nou­veaux, il faut donc détruire pour créer.

Pour la Cgt, ces deux théo­ries sont faus­ses. Nous avons besoin de pren­dre en compte les muta­tions du tra­vail avec une inter­pé­né­tra­tion du ser­vice et du com­merce (vente de l’usage en plus de l’objet : ex lea­sing ou loca­tion de véhi­cu­les), l’aug­men­ta­tion de la place des connais­san­ces dans l’acte de tra­vail. Pour réus­sir cette muta­tion du tra­vail, il faut des sala­riés formés. Or nous voyons que la reconnais­sance de cette for­ma­tion et des com­pé­ten­ces ainsi acqui­ses est de moins en moins garan­tie aux sala­riés.

Sécurisation des par­cours pro­fes­sion­nels et le déve­lop­pe­ment humain dura­ble.

Le nou­veau statut du tra­vail sala­rié a pour fina­lité de faire du tra­vail un bien col­lec­tif. Ce statut est un dépas­se­ment des garan­ties cor­po­ra­tis­tes pour l’élargir à l’ensem­ble des sala­riés, avec un nou­veau type de garan­tie, pro­té­geant le tra­vail pour pro­té­ger le tra­vailleur.

Quant au Développement Humain Durable, il s’oppose à la com­pé­ti­ti­vité. Actuellement, le tra­vailleur est un objet dans la chaine de valeur, comme la nature. Les deux sont des res­sour­ces à valo­ri­ser, cer­tains emploient le terme « le capi­tal humain ». Pour la Cgt, nous devons aller vers un nou­veau type de pro­duc­ti­vité, qui doit faire la place aux ser­vi­ces publics. Le déve­lop­pe­ment humain dura­ble c’est cons­truire une nou­velle rela­tion entre la nature et l’homme par le tra­vail

Pour ce qui est de l’emploi, le com­pro­mis sur le plein emploi né après guerre est désor­mais mité par le chô­mage struc­tu­rel, la pré­ca­rité, le sous emploi. L’objec­tif doit être un nouvel emploi visant à une uti­li­sa­tion de la pleine capa­cité humaine.

La Cgt met en avant pour chan­ger les rap­ports sociaux la démo­cra­tie sociale, une nou­velle démo­cra­tie sociale avec des droits nou­veaux d’inter­ven­tion sur les choix stra­té­gi­ques.

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