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Débat public sur la réforme des collectivités locales à Privas

samedi 5 mai 2012
Par Marie-Claude Chosson

Avec la présence de Bernard BONIN Vice Président du Conseil Général de l’Ardèche, Yves CHASTAN Sénateur Maire de Privas, François JACQUART Conseiller régional Rhône-Alpes, Baptiste TALBOT Secrétaire général de la Fédération Cgt des Services Publics, Esméralda AROZARENA-NAZZARENI Secrétaire Générale de l’Union Départementale Cgt de l’Ardèche, animé par Bruno BOUVIER Secrétaire Général du Comité Régional CGT.

Pour qui connaît l’espace Ouvèze à Privas, il sera parlant de savoir que la salle était pleine pour le débat public (capacité 300 personnes).
Même si nous regrettons le passage éclair du Sénateur Maire de Privas, et l’absence du Député Président du Conseil général et du premier Vice Président du CG Conseiller régional en charge de la réforme territoriale (en vacances), nous avons vécu un débat intense et de haut niveau.

Rendre compte de manière exhaustive d’un tel débat n’est pas possible. Dans un rapport introductif Esméralda Arozarena-Nazzareni a donné la vision de la CGT sur la réforme. Beaucoup de questions et de réflexions ont suivi. Nous relatons ici, les réponses des invités.


Yves Chastan se dit pour l’abrogation de la réforme mais pour continuer la décentralisation…avant de partir en réunion pour la mise en place de la communauté d’agglomération prévue par le schéma de coopération intercommunal dans le cadre de la réforme territoriale !

Bernard Bonin exprime son inquiétude sur le devenir de l’Ardèche face aux métropoles. Il croit beaucoup à la ruralité qui doit se développer. Il défend l’impôt, outil de redistribution pour financer les politiques publiques. Il dit que le Conseil général essaie de résister malgré les difficultés financières, évoque l’inévitable réduction des services à la population, tout en ajoutant concernant les métropoles : oui pourquoi pas ?! et garde espoir en 2012. Il souhaite lever une ambiguïté : il n’y a pas de déficit dans les collectivités qui ont toujours respecté les grands équilibres et qui ont recours à l’emprunt avec un budget équilibré. Il oppose une résistance à la suppression des postes, est pour l’harmonisation du statut du fonctionnaire. Se dit très opposé à la suppression des départements mais réduire le nombre de conseillers généraux pourquoi pas si nécessaire ? Selon lui on a des rêves et on a la réalité. Il se dit choqué par la manière de faire de la politique aujourd’hui, attend de grands projets politiques sur la vie démocratique et citoyenne, l’ouverture d’espaces de dialogue.


François Jacquart précise que la gauche n’est pas unanime sur la question des métropoles, dénonce des enjeux de pouvoir, et la logique de réduction des dépenses publiques. Il annonce ne pas avoir voté le schéma de coopération intercommunal, affirme l’importance de l’échelon de la Région. Il demande un bilan partagé sur la décentralisation. Elle ne doit pas se traduire par un abandon de l’Etat. Il se dit d’accord avec le statut unique des fonctionnaires. Il reconnaît que beaucoup de collectivités sont gérées aujourd’hui comme des entreprises et dès lors qu’on ne règle pas la logique financière cette situation va s’accentuer. Il évoque le rapport des élus à la population qui devrait avoir plus de pouvoir.

Baptiste Talbot reconnaît le bilan de l’acte 1 de la décentralisation très positif, ce qui n’est pas le cas de toutes les formes de décentralisation. Pour adapter la fonction publique aux besoins des citoyens il revendique un statut unique des fonctionnaires, une réforme fiscale pour le financement des collectivités territoriales par une péréquation rendant égalitaire le service public sur tout le territoire. Il alerte sur le danger des positions du FN pour un Etat hyper centralisé, la suppression des fonctionnaires et des élus locaux.

Bruno Bouvier insiste que le fait que si on garde les métropoles et les pôles métropolitains, les autres (dont l’Ardèche zone blanche), n’auront plus que leurs yeux pour pleurer.

Eric Hours rappelle que les territoriaux représentent 170 000 emplois en Rhône-Alpes. Il assure que la CGT est et restera très exigeante face aux politiques, quels qu’ils soient, qui auront le pouvoir,.