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Rencontre intersyndicale en Tunisie (3) : Conclusions de la mission

mardi 27 mars 2012
Par Jean-Jacques GUIGON, Karine Guichard

Du lundi après midi 12 décembre jusqu’au vendredi matin 16 décembre 2011 une délégation intersyndicale de Rhône-Alpes s’est rendue en Tunisie.

Les thématiques « pré-choisies » au départ avec le Bureau « International » de l’UGTT ont été confirmées pertinentes :

Les Femmes
-  Elles tiennent une place prépondérante dans la société tunisienne, et ont joué un grand rôle dans la Révolution.
-  Elles ont acquis au fil des décennies des droits importants (égalité salariale,…), et ne sont pas sous le joug étouffant de la religion, mais… !
-  Inquiétudes face à un avenir incertain (les islamistes ont gagné les élections, et le Premier Ministre aux pouvoirs très larges est de leur parti).
-  Elles sont toujours écartées de tous postes et de toutes responsabilités syndicales nationales même si elles représentent 40% des adhérents de l’UGTT soit plus de 200.000 syndiqués.

La jeunesse
-  Elle est omniprésente en TUNISIE et elle est la première victime du chômage et de la misère.
-  Elle a été avec l’UGTT le ciment de la Révolution.
-  C’est du sort qui va lui être réservé dans les mois à venir que dépend pour une bonne part la paix sociale et plus largement l’avenir du pays.
-  Elle est globalement formée, structurée, disciplinée mais impatiente. Elle est par exemple en sit-in permanent sous des tentes à SIDI BOUZID. De plus, désormais « elle n’a plus peur ».
-  Il ya un lien intergénérationnel extrêmement fort (les anciens ont manifesté sous la dictature Ben Ali, les jeunes l’ont fait partir). « Nous les avons aidé, entourés, soignés… ».

Un Gouvernorat défavorisé.
-  Les déclarations du G8 notamment ont confirmé que s’il y avait des prêts ou des aides ils et elles seraient encore et toujours essentiellement au service de la façade maritime (habitude qui perdure depuis 50 ans).
-  L’UGTT partage avec nous l’idée de se tourner résolument vers l’intérieur du pays. De ce point de vue le syndicalisme tunisien est une force de propositions tant sur le plan économique qu’industriel, notamment dans le secteur de la transformation. Il serait utile et pertinent de ne pas s’en priver et de l’inclure dans le champ possible d’un partenariat à éventuellement créer.

Propositions

- Une rencontre au Conseil Régional qui pourrait réunir au cours du premier trimestre (Mars 2011) des élus de Rhône-Alpes, des responsables syndicaux, des responsables patronaux, des responsables de la Chambre d’Agriculture, de la Chambre de Commerce …
- Une mission en Tunisie au cours du deuxième semestre 2012 placée sous la responsabilité du Conseil Régional dont la Délégation pourrait intégrer des élus régionaux, des responsables syndicaux, des représentants du patronat, de la Chambre de Commerce, et de la Chambre d’Agriculture.
- Réfléchir à un avis, une saisine ou toute autre approche mettant le CESER dans le circuit d’une éventuelle coopération entre notre Région Rhône-Alpes et un Gouvernorat tunisien. Il existe un CES en TUNISIE mais pas de CESER. Mettre ensuite éventuellement en lien le CESER et le CES siégeant à TUNIS.

Conclusions

Pour le Conseil Régional de Rhône-Alpes devenir le partenaire politique, économique et social du Gouvernorat de SIDI BOUZID, de KASSERINE, de DJENDOUBA (ou d’un autre), ce serait être présent, utile et acteur dès la construction du mur fragile de la transition qui relie la TUNISIE d’hier à celle de demain.