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L’UD de l’Isère interpelle la presse

mercredi 7 décembre 2011
Par Karine Guichard

L’Unon Départementale Cgt de l’Isère a envoyé une lettre ouverte à la presse.

Grenoble, le 24 novembre 2011

Madame, Monsieur le rédacteur en chef
Notre démarche vise aujourd’hui à vous alerter sur la façon dont sont traités les sujets d’actualité - et vous savez combien elle est véritablement anxiogène en ce moment - non seulement dans notre département de l’Isère mais, y compris, à l’échelle nationale.
Bien entendu se connaîtront ceux qui - dans la presse écrite, parlée ou audiovisuelle dite « d’information »- ne traitent pas d’aussi graves sujets de manière uniformisée, sans souci de se confronter au nécessaire débat que notre démocratie serait en droit d’attendre de la part des médias.

Qu’ils soient ici remerciés pour leur travail remarquable, car ils sont de ceux qui ne s’inscrivent pas dans cette dictature de pensée délivrée à travers les conseils et solutions pour réduire le « stress des marchés financiers » des cadres de Goldman Sachs et autres empires financiers.
Nous ne parlons bien évidemment pas non plus de la presse dite « d’opinion » dont le caractère politique des analyses constitue bien évidemment leur propre raison d’être.

Certes, vous avez toute latitude de décider de votre propre ligne éditoriale. Mais pour votre information, nous sommes tous les jours interpellés par nos adhérents sur les raisons de la non-présence de notre organisation dans le paysage médiatique.
Vous avouerez que, pour la première organisation représentative des salariés - qui du coup est la plus représentative des citoyens puisque 80% sont des salariés - cela est difficile à expliquer. D’autant plus que la période nécessite plus que jamais que nos analyses soient connues. Vous êtes d’ailleurs régulièrement destinataires de nos communiqués, mais également de ceux de notre confédération ou fédérations professionnelles.
Y compris aucun parti politique ne peut prétendre réaliser lors d’un premier tour de présidentielle le score de notre organisation lors des élections de portée nationale comme les prud’homales en 2008, la Fonction publique territoriale en 2008 également et plus récemment dans les autres Fonctions publiques.
D’ailleurs, le niveau de représentativité de notre organisation sera jugé à l’aune de nos résultats cumulés dans le cadre de la loi sur la représentativité d’août 2008 et nous pouvons vous assurer qu’il sera supérieur au score du candidat en tête au 1er tour des prochaines présidentielles en 2012. Pour vous situer l’ordre des choses, un salarié sur trois vote CGT.
Alors pourquoi tant de défiance ?

Pourquoi aucune de nos analyses sur la crise n’a jamais droit de cité aux heures de grande écoute ?
Pourquoi Bernard THIBAULT, le secrétaire général de la confédération CGT, a-t-il une nouvelle fois été invité à « repasser plus tard » sur une chaîne de télévision en début de semaine parce que l’actualité - l’horrible meurtre de Chambon/Lignon - primait aux yeux de cette chaîne ?

Pourquoi, plus localement, le 11 octobre 2011, jour de mobilisation portée quasi exclusivement par notre organisation, c’est un militant de la CFDT qui s’est longuement exprimé sur certaines ondes - qui se reconnaîtront - alors que celui-ci expliquait aux salariés qu’il ne fallait surtout pas agir face au plan de récession économique et sociale décidé par le gouvernement et pour la plus grande satisfaction du MEDEF ?
Pourquoi des reportages, venant de la même radio, tronque complètement la vérité sur le combat des Travailleurs Sans Papiers avec la CGT.

L’énumération serait trop fastidieuse même si nous ne disposons évidemment pas du temps nécessaire pour être à l’écoute de toutes les radios, lire tous les articles de la presse écrite et regarder toutes les émissions de télévisions.
Mais force est de constater qu’aux heures de grande écoute, la CGT n’a pas droit de cité.
La CGT et les salariés sauront un jour se rappeler qui les a aidés dans leur combat pour la justice sociale et la liberté.
Veuillez agréer, Madame, Monsieur le rédacteur en chef, nos plus respectueuses salutations.

Lynda BENSELLA
Secrétaire générale