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Les salariés étrangers : des salariés comme les autres ?

vendredi 28 octobre 2011
Par Karine Guichard

Le 11 août dernier, les Ministres de l’Intérieur et du Travail publiaient un arrêté listant 14 métiers accessibles « sans opposition de la situation de l’emploi » aux salariés étrangers issus de pays tiers à l’Union européenne.

Cette liste, extrêment réduite par rapport à la précédente, réserve certains emplois aux étrangers et leur interdit tous les autres, au nom de lutte contre le chômage. Elle permet de réduire les possibilités de régularisation de travailleurs sans papiers, qui occuperaient un travail ne correspondant pas à cette liste. Elle introduit de plus des discriminations en fonction des origines puisque, à certains métiers correspondent certaines origines géographiques. Elle met en place la discrimination communautaire. En conséquence, la Cgt a décidé d’attaquer l’arrêté ministériel devant le Conseil d’Etat.

Cette liste conjuguée à la circulaire Guéant du 31 mai 2011 ont pour objectif de réduire fortement l’immigration professionnelle. Cette fermeture a d’ores et déjà des conséquences importantes pour les salariés étrangers dans les entreprises.

En Isère, un ingénieur libanais de l’entreprise Air Liquide a perdu son emploi, en raison du rejet par la Dirrecte de sa demande d’autorisation de travail, en raison de l’existence de 58 ingénieurs au chômage sur le territoire, en application de la circulaire Guéant. Dès ce refus connu, une pétition intersyndicale, CGT, CFDT et CGC a circulé, demandant à la Dirrecte de revenir sur sa décision. Les syndicats dénoncent "une décision inique de l’administration" qui "institue de fait une préférence nationale à l’embauche"... L’entreprise elle même a fait un recours auprès de l’administration (pour plus d’information : voir l’article de LibéLyon du 14 octobre 2011)

Mise à Jour du 28 octobre : l’ensemble des démarches initiées (recours de l’employeur, pétition et mobilisations des syndicats et des salariés) ont permis à l’administration de « reconsidérer sa position » et donc d’autoriser un jeune ingénieur, qui avait choisi d’apprendre son métier en République Française, à travailler en France : voir communiqué de l’intersyndicale


Voir en ligne : communiqué de la Cgt sur la liste des métiers ouverts aux migrants