Se connecter

Travailleurs sans papier : de l’ombre à la lumière

jeudi 22 septembre 2011, par Karine Guichard

La lutte des travailleurs sans papier est inédite par sa forme et ses conséquences. La Cgt s’est fortement investie dans cette luttre avec les associations de défense des sans papiers et également d’autres organisations syndicales

Le Centre d’études pour l’emploi a ana­lysé la lutte des tra­vailleurs sans papier à partir d’entre­tiens avec des gré­vis­tes, des mili­tants syn­di­caux (essen­tiel­le­ment la Cgt) et asso­cia­tifs et des repré­sen­tants patro­naux et de l’Etat. La tota­lité de l’ana­lyse peut être consulté ici.

Pour le CEE, ces grèves sont iné­di­tes par leur ampleur et leur carac­tère inter­pro­fes­sion­nelle. En effet, elles ont regrou­pées des sala­riés de PME, des inté­ri­mai­res ou des tra­vailleurs au noir. Les grèves étaient coor­don­nées par les orga­ni­sa­tions mais déci­dées par les tra­vailleurs, ces der­niers occu­paient des « lieux sym­bo­li­ques de leur emploi » comme des agen­ces d’inté­rim, des chan­tiers, voire des fédé­ra­tions patro­na­les. Elles ont contri­bué à mettre ces sala­riés qui étaient dans l’ombre en pleine lumière. Le CEE estime qu’elles ont œuvré « à l’élargissement de droits pour l’ensem­ble du monde du tra­vail ». Un arrêt de la cour d’appel de Paris (12 avril 2010) a consi­déré que les inté­ri­mai­res avaient un lien sala­rial avec leur agence d’inté­rim, même s’il était dis­continu et a donc reconnu qu’ils pou­vaient être gré­vis­tes et avaient le droit d’occu­per l’agence d’inté­rim. Cette reconnais­sance contre­di­sait les juris­pru­den­ces habi­tuel­les qui consi­dé­raient un inté­ri­maire entre deux mis­sions comme un chô­meur et donc pou­vant être évacué en cas d’occu­pa­tion d’agence. Ce nou­veau droit concerne main­te­nant tous les sala­riés.

Elles ont aussi permis à la Cgt de s’implan­ter dans des sec­teurs où elle était absente, essen­tiel­le­ment les PME de ser­vice ou de cons­truc­tion.

Toutefois, il faut sou­li­gner que malgré les enga­ge­ments du minis­tère de l’immi­gra­tion et la nou­velle cir­cu­laire sur la régu­la­ri­sa­tion des tra­vailleurs sans papiers (Circulaire du 24 novem­bre 2009), la situa­tion de nom­breux sala­riés n’est tou­jours pas régléeet les régu­la­ri­sa­tions pro­mi­ses ne sont pas au rendez vous. D’ailleurs récem­ment, le gou­ver­ne­ment a encore réduit la liste des emplois per­met­tant l’immi­gra­tion.

Voir en ligne : Connaissance de l’emploi n° 83 sur les travailleurs sans papier

Mots-clés

| Suivre la vie du site RSS 2.0 | Site réalisé avec Spip2 par Atelier Digitaline