Quel Ceser voulons nous ?

mercredi 13 janvier 2021
Par Karine Guichard

Lors de la plénière de réinstallation du Ceser, les organisations syndicales Cfdt, Cfe/cgc, Cftc, Cgt, Fsu, Solidaires et Unsa ont exprimé leur volonté d’évolution du Ceser, plus proche des citoyens, de leur diversité et des territoires.

Le caractère inédit de la période nous interpelle sur l’urgence à répondre à plusieurs enjeux vitaux pour le développement de nos territoires, le vivre ensemble, à l’exemple de :
• L’accélération de la précarité, des inégalités croissantes et de la pauvreté, des enjeux climatiques, de biodiversité, de pollution.
• D’une crise de légitimité démocratique, qui se traduit, chez nous, par une montée du ressentiment et de la méfiance envers les institutions et décideurs quels qu’ils soient.

Nous vérifions chaque jour que des décennies de concurrence sauvage et de recherche effrénée du profit nous ont conduit à une société de plus en plus inégalitaire. L’emploi, l’éducation, la formation, la politique industrielle doivent s’articuler avec les enjeux sanitaires, sociaux et écologiques. Pour retrouver un sens au travail, l’économie doit être au service des êtres humains et de la nature. Les services publics, garants de l’égalité et du libre accès de toutes et tous aux droits fondamentaux et au développement des territoires doivent être repensés également dans cette optique.

Ces défis nous engagent pour le présent et par rapport aux générations futures. Plus que jamais, ce sont des transformations économiques, sociales et environnementales dont nous avons tous besoin et non de la relance du monde d’hier.

La question que nous devons nous poser est la place que peut occuper le CESER dans cette période d’inquiétude face au devenir de ce monde, pour penser, éclairer, accompagner les transitions nécessaires.

Il y a 4 ans, nous avions engagé des réflexions entre collèges qui ont abouti à un CESER différent de ce que nous avions connu, un bureau plus étoffé, un rôle accru des VP territoires, des groupes de travail permettant de s’emparer de sujets transversaux. Le CESER a désormais une meilleure visibilité institutionnelle. Nous avons collectivement produit des documents de qualité, qu’il serait souhaitable de mieux faire connaitre et tout particulièrement s’agissant des préconisations.

Malgré la crise sanitaire et les différents confinements, le CESER a continué son travail à distance, permettant la production d’avis et de contributions. Nous nous félicitons de l’engagement des conseillers et de l’équipe du CESER dans les conditions de débats, de discussions, de concertations contraintes par le numérique. La distance pèse et ne saurait constituer un mode de travail exclusif et pérenne.

Nous pensons collectivement que nous devons poursuivre dans cette dynamique d’évolution selon 3 axes qui nous semblent essentiels :

-  Un CESER lieu de la démocratie participative, en expérimentant la mise en place de conférences citoyennes dont les travaux peuvent enrichir les propositions des différentes commissions du CESER. Durant ces trois ans, le CESER s’est posé en interlocuteur des décideurs. Nous souhaitons que les trois prochaines années soient tournées vers la population de notre région. Pour cela, nous avons besoin d’une implication de tous les conseillers, dans un fonctionnement démocratique du CESER plus horizontal. En effet, un tel objectif ne peut être atteint que si toutes et tous nous nous y engageons. Nous avons besoin de modifier le format et de multiplier nos rencontres en territoire, pour qu’elles deviennent des lieux de dialogue, de partage, de consultations citoyennes, d’ateliers participatifs. Nous avons vu à travers les réponses au questionnaire pendant la crise du COVID, l’envie de témoigner, de participer, à nous de continuer sur cette voie.

-  Un CESER ouvert sur la diversité, cela relève d’une part de la responsabilité des organisations mandantes mais c’est également le résultat de la nature de l’institution. Notre CESER, par sa composition légale, n’est pas un miroir fidèle de la population que ce soit en termes d’âge, de sexe, de statut social et économique. C’est un fait et ce n’est pas grave en soi, si nous en sommes conscients et si nous agissons. Il nous faut donc faire un réel effort pour sortir de notre réalité, nos certitudes.
Plus que jamais, il nous semble que la diversité sociale des habitants de notre région doit être davantage prise en compte, à travers nos réflexions et nos publications. Pour cela, il nous faut multiplier les angles de vue.il est nécessaire de nous ouvrir à plus de pluralité de pensées, à travers les auditions plus variées et notamment émanant du monde du travail. Les rencontres en territoire que nous souhaitons pourraient également enrichir notre vision.
L’enjeu de l’égalité femmes / hommes doit également devenir une priorité au sein de notre institution et être plus marquée dans nos travaux. D’autant que la présidence élue à mi-mandature ne comptera plus aucune femme. Cette situation anachronique tourne le dos au sens de l’histoire qui exige que la parité soit à l’œuvre dans toutes les structures du CESER.

-  Un CESER ancré dans ses territoires : la crise sanitaire mondiale nous a rappelé qu’Auvergne – Rhône-Alpes n’est pas une île. L’élargissement des régions conduit certains, l’exécutif régional en 1er lieu, à s’imaginer dans une autosuffisance et une concurrence avec nos voisins. Notre CESER, à contrario, doit affirmer plus fortement cette interdépendance des territoires à l’échelle de la région bien sûr mais également au niveau inter-régional. C’est pourquoi, il nous semble pertinent d’engager un travail avec les autres CESER en privilégiant ceux qui sont limitrophes. De même, il est essentiel de renforcer les liens, d’une part avec les conseils de développement mais aussi avec le CESE et les 4 Moteurs pour l’Europe, pour conjuguer le local et le global.

En conclusion, le CESER est un lieu de rencontre de personnes issues de milieu et de territoires différents, avec des expériences et des compétences plurielles qui devraient être capables de dépasser leurs intérêts particuliers au service de l’intérêt général. C’est ce qui fonde sa particularité et sa légitimité.

Nous souhaitons une étude approfondie sur les modes et règles de fonctionnement interne du CESER garant d’un travail collectif. Le soin que nous apporterons aux conditions de l’exercice de la démocratie au sein des différents lieux de gouvernance du CESER sera le meilleur moyen de restaurer un climat apaisé, nourri par des échanges ouverts et constructifs.

C’est parce que nous sommes attachés à son existence, convaincus de son utilité et de sa pertinence, que nous souhaitons lui donner un nouvel élan.
Vous l’avez compris, les organisations du 2ème collège signataires sont prêtes à y prendre leur part.