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Repenser la liaison Lyon Saint Etienne pour un avenir soutenable

mardi 21 janvier 2020
Par Karine Guichard

Le Ceser a présenté une contribution concernant les différentes solutions pour améliorer la liaison St Etienne Lyon

Notre séance d’aujourd’hui nous permet de donner notre avis sur l’amélioration des liaison Lyon st Etienne.

Un accroissement sans fin de la mobilité ?

Avant d’arriver sur les propositions concrètes, nous souhaitons revenir sur la question de la mobilité.

Les investissements actuels engagent l’avenir, nous le savons tous, tout comme les investissements passés nous contraignent actuellement. Nous devons sortir de toute urgence des modes de pensées qui nous ont conduit dans cette impasse environnementale, sociale, économique, c’est-à-dire l’idéologie d’une croissance sans fin sans tenir compte des limites humaines et de la nature.

Nous ne pouvons penser la mobilité sans prendre en compte les projections du Giec sur le réchauffement climatique, l’urgente nécessité de réduire les émissions de gaz à effet de serre, les enjeux d’accès aux matières premières nécessaires.

L’accroissement de la mobilité que ce soit des personnes ou des marchandises n’est pas inéluctable, ni même souhaitable. Elle est un gâchis que nous ne pouvons plus nous permettre en terme de vies humaines, de réchauffement climatique, de pollution, d’artificialisation des sols, d’utilisation des matières premières, de temps et d’argent. Elle est trop souvent une contrainte pour trouver un travail, se former, accéder à des études, faire usage des services publics. Elle impacte toujours davantage le budget des ménages et pèse sur la vie quotidienne des salariés, en perte de temps, de santé et parfois même de vie, pour mémoire 386 morts en Auvergne Rhône Alpes en 2018 sur les routes.

Notre slogan « vivre et travailler au pays » est pour nous toujours d’actualité.

Il est urgent de mettre en débat les questions de réindustrialisation pour une véritable économie circulaire. Lors du forum de l’industrie, la Cgt a porté ces enjeux de nouvelle politique industrielle afin de maintenir et recréer des emplois locaux tout en répondant aux enjeux environnementaux.

Les choix politiques et économiques ont des impacts sur les déplacements

La responsabilité de chacun est engagée dans cette diminution des déplacements.
Mais elle n’est pas de même nature entre ceux qui subissent et ceux qui décident. Il faut donc remettre chacun face à ses responsabilités.

D’une part, la responsabilité des décideurs politiques est engagée lorsqu’ils suppriment les services publics de proximité, ou décident des implantation des zones d’activité industrielles, commerciales ou de loisirs. Elle est structurelle lorsqu’ils démantèlent le transport ferroviaire. A ce titre, un pôle public des transports avec les moyens humains et financiers à la hauteur de la réponse aux besoins des populations, du monde du travail est essentiel.

La Région a d’ailleurs un rôle primordial, autant en ce qui concerne l’aménagement du territoire que des transports. La loi Lom la confirme en qualité d’autorité organisatrice des mobilités aux côtés d’autres acteurs à partir du 1er janvier 2021. Le SRADDET a été une occasion perdue pour réorienter les politiques d’aménagement, alors que nous avions « le besoin d’une boussole et d’un texte clair pour permettre à notre région de faire face aux enjeux qui l’attendent »

Mais aussi la responsabilité des décideurs économiques ne doit être ignorée que ce soit en matière d’implantation ou de délocalisation des entreprises, de concentration dans les métropoles, d’autant plus que les externalités de ces choix sont souvent supportées par la collectivité. Il n’est plus possible d’avoir comme seul baromètre la rentabilité pour les actionnaires dans les choix stratégiques. Il est également de leur responsabilité d’employeurs d’intégrer les incidences sociales et sociétales de leur choix notamment en direction de leurs salariés que ce soit pour réduire la mobilité ou pour assumer leur obligation de sécurité en matière de santé.

La liaison St Etienne Lyon : un enjeu pour un futur possible

La liaison St Etienne Lyon est une illustration parfaite de l’interdépendance de ces choix et de ces enjeux.

La proximité entre ces deux villes favorise des échanges de plus en plus importants de population active, des échanges très déséquilibrés.

Lyon absorbe petit à petit les activités stéphanoises de haut niveau. Quand St Etienne perd 1 000 emplois en 40 ans, la métropole en concentre 300 000 de plus.
En 2010, c’est 6.600 résidents du Grand Lyon qui viennent journellement dans Saint-Etienne Métropole, mais c’est 25.600 stéphanois qui vont à Lyon. Cette tendance s’est amplifiée ces dernières années.

La proximité géographique de Saint-Étienne et de Lyon, situées dans la même vaste aire métropolitaine, fait que les relations entre les deux centres sont concernées par les transports du quotidien ; la situation actuelle est insupportable pour tous ceux qui se déplacent sur ce tracé dans des conditions de confort, de sécurité et de fiabilité très mauvaises.

Pour la CGT, il s’agit à présent d’avancer concrètement pour passer des discours aux actes !

Le Gouvernement a annoncé son intention de ne pas réaliser la liaison envisagée A45. En tout état de cause, la déclaration d’utilité publique de ce projet autoroutier deviendra caduque le 16 juillet 2020 en l’absence de prorogation.

Des alternatives à la construction de l’autoroute sont envisagées tant sur le plan ferroviaire que sur le plan routier.

Or, toute création de nouvelle infrastructure routière pour résoudre la saturation ne peut que, à court terme, reporter le bouchon plus loin, et à moyen terme, accroitre la circulation en permettant des échanges nouveaux qui vont rapidement saturer l’infrastructure. Ce choix signifie un gaspillage d’argent public alors qu’il serait si nécessaire pour financer des transports alternatifs plus propres.

La solution routière qui justifiait la A45 n’est plus acceptable aujourd’hui.

Le ferroviaire nous semble la solution la plus écologiquement et socialement responsable. Il est d’ailleurs plébiscité lorsque ce choix est possible actuellement puisque plus de 45% des transports de ville à ville des pendulaires se font par le ter. Développer et faciliter le ferroviaire est donc devenu une urgence sociale, économique et environnementale.

La ligne TER reliant Saint-Etienne et Lyon est sinueuse, le temps de parcours est important de 45 minutes pour 60 km mais qui est souvent inférieur à la solution routière compte tenu des encombrements.

Le temps de parcours a été augmenté en 40 ans alors que le matériel et la signalétique sont plus performants, en raison de la saturation de la ligne réelle en heure de pointe, en particulier à l’entrée de la gare de Part-Dieu.

La création d’une voie nouvelle devient une urgence au regard des besoins de déplacements collectifs que ce soit domicile travail mais aussi les loisirs ou les scolaires.

Pour permettre à un plus grand nombre d’avoir accès au train, il faut également réfléchir à sa connexion : augmentation de la fréquence grâce à l’amélioration du matériel et à une nouvelle ligne, réouverture des gares sur le trajet, liaisons de haute fréquence et de qualité avec les transports urbains gratuits par exemple.

La réouverture et électrification de la ligne Brignais – Givors permettrait de connecter en mode léger Tram-Train le secteur du Gier à l’Ouest lyonnais. Elle offrirait de nouvelles perspectives de développement des transports publics dans tout l’ouest lyonnais sans passer par le centre de Lyon en créant une liaison directe entre St Genis Laval, Brignais, Chaponost, Francheville et Tassin. De plus nous proposons la création d’une nouvelle ligne ferroviaire à partir de Vourles en passant par les monts du lyonnais se raccordant à Rive de Gier ;

Compte tenu de la prise en compte dans l’avis de nos propositions, la Cgt votera favorablement la contribution.