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Réorienter l’économie au service de l’humain et de la planète

mardi 12 novembre 2019
Par Agnès Naton, Philippe Faure

La Cgt s’exprime sur la contribution du Ceser "Repérer et accélérer les coopérations économiques territoriales : un enjeu territorial", celle-ci s’est appuyée sur l’étude de neuf "expériences" régionales de mise en mouvement des acteurs locaux dans l’objectif de développer de l’activité sur les territoires concernés.

Des expériences de coopération économique

Ces 9 expériences n’ont pas la prétention de constituer un échantillon représentatif. Cependant, dans leur diversité, elles témoignent de l’étendue du champ des "possibles" , du commun et des singuliers. Elles montrent que la capacité créative et d’innovation ne se limite pas à l’initiative privée à but lucratif.

Ainsi, répondant à la récente remise en cause de l’expérience « Territoire zéro chômeur de longue durée », quelques membres des « économistes atterrés » se sont exprimés en faveur de la poursuite d’une expérimentation qui crée des emplois « utiles pour la production, utiles pour réintégrer les chômeurs de longue durée dans la vie sociale, utiles pour la cohésion sociale… (et qui) produit de la valeur économique, de la valeur d’usage et de la démocratie dans l’espace de production).

L’analyse des différentes expériences a permis d’identifier un certain nombre de facteurs de réussite partagés, que le rapport s’est attaché à mettre en valeur sous la forme d’une grille de lecture synthétique. Cette grille a servi à élaborer un certain nombre de préconisations, que nous partageons, invitant la Région à s’engager pour repérer, faciliter et favoriser l’émergence de telles expériences.

Nous souhaitons insister sur la dernière phrase de la conclusion du projet d’avis : "C’est bien la synergie entre l’ensemble de ces acteurs qui permet la mise en œuvre et le déploiement de coopérations économiques, nécessaires au développement des territoires d’Auvergne - Rhône-Alpes".

En effet, les coopérations mises en lumière par notre commission montrent leur efficacité dès lors qu’elles sont identifiées par les acteurs locaux comme une priorité pour le territoire, son développement économique et social et qu’ils agissent ensemble pour la réussite d’un projet commun.

Préférer la coopération à la compétition pour développer les territoires

Nous attirons toutefois l’attention sur la possible mise en concurrence entre ces expériences et des dispositifs mis en place par l’Etat et et certaines collectivités : Territoire d’industrie, Territoire d’Innovation, Contrat de transition écologique, Contrat de territoire, pour exemple.... Soyons donc attentifs à ce que la multiplication des projets émanant d’acteurs multiples ne se substituent pas aux politiques publiques et ne favorisent pas une mise en concurrence exacerbée et faussée des territoires avec le droit à la différenciation et à l’expérimentation, avec ainsi la possibilité d’adapter certaines normes législatives ou règlementaires aux réalités des territoires introduisant une rupture dans le principe d’égalité entre les territoires.

Par ailleurs, le projet de contribution met en lumière la capacité d’expertise collective déployée par la société civile, dans le montage et le fonctionnement des 9 exemples de coopérations économiques territoriales étudiés, à laquelle il conviendrait d’ajouter l’expertise syndicale, exprimée notamment dans des projets portés en territoires ou lors de la construction d’alternatives aux restructurations.

Aussi, nous partageons la proposition de redonner à la démocratie d’une part, à la valeur d’usage d’autre part, une place accrue dans la détermination du vivre ensemble, de l’exercice de la citoyenneté.

Nous insistons donc sur le rôle particulier que doit jouer la collectivité régionale en tant que chef de file, pour favoriser la mise en place de lieux, d’espaces de dialogue social, à l’échelle des départements, de bassins d’emplois, de secteurs d’activités, de filières, réunissant les différents acteurs concernés, dont les organisations syndicales de salariés et patronales, afin de « nourrir les processus d’émergence des projets, de mettre en œuvre des soutiens adaptés et de renforcer l’impulsion régionale dans l’accompagnement des projets ».

Car nous estimons que les défis prioritaires que les sont les enjeux du travail, environnementaux et la montée des inégalités, sont trop lourds pour être surmontés sans réorienter l’économie au service de l’humain et de la planète.