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Le transport public ferroviaire : un bien public de la Nation

lundi 17 juin 2019
Par Karine Guichard

Le 28 juin 2019, la CGT appelle les usagers, les salariés, les cheminots, les élus, et toutes celles et tous ceux qui œuvrent pour la défense du ferroviaire public à une manifestation à 10 heures en gare de Lyon Perrache jusqu’au Conseil régional AURA, pour interpeller les élus régionaux sur les choix politiques à prendre dès demain.

Près d’un an après le passage en force de la réforme ferroviaire contre l’avis d’une très large majorité de cheminots, d’une grande partie de la population, et de nombreux élus inquiets pour le maintien des services publics sur leur territoire, le constat est sans appel : la dégradation des services rendus aux usagers se poursuit et s’amplifie, le démantèlement de l’entreprise s’intensifie et les suppressions d’emplois se succèdent à un rythme effréné inquiétant pour le niveau de sécurité ferroviaire comme pour la santé du corps social. Sur le plan financier, l’équilibre n’est toujours pas assuré et l’endettement du système atteint un nouveau record, dépassant les 60 milliards d’euros qui génèrent plus de 1,8 milliard d’euros d’intérêts et de frais financiers.

Les propos rassurants de la ministre des transports et du président de la SNCF en 2018 sont démentis tous les jours dans les faits et au regard des dysfonctionnements subis tant par les usagers que par les cheminots. L’objectif de la direction SNCF est de rendre la situation inextricable pour les cheminots, dans l’incapacité de remplir leurs missions de service public avec une réduction drastique des moyens humains et matériels, et invivable pour les usagers pour favoriser et idéaliser l’ouverture à la concurrence, alors qu’elle entraîne un surcoût important dans la gestion de l’exploitation, la maintenance des infrastructures et des matériels.

Le battage idéologique et médiatique lors du conflit des cheminots en 2018 n’avait d’autre ambition que de faire passer la loi "coûte que coûte" dans un calendrier politique de réformes censées transformées le pays, et après les promesses, la réalité s’impose à toutes et à tous : fermeture de gares, de guichets, réduction des amplitudes d’ouverture de gares, suppression de dessertes, salle d’attente inaccessible après la fermeture de certains guichets, suppression de trains et banalisation des retards, correspondances de moins en moins assurées, suppression de présence humaine dans les gares et dans les trains, augmentation du prix des billets, nouvelle tarification illisible et pénalisante pour les usagers sanctionnés quand ils prennent le billet dans le train, filialisation du fret, …

L’exaspération des voyageurs est légitimement en hausse et de nombreux élus locaux se mobilisent pour dénoncer cette situation inacceptable qui menace leur bassin d’emplois.

Quand une loi est mauvaise et mal préparée comme celle du ferroviaire, il faut la changer.

Avec le projet "Ensemble pour le fer", plus que jamais nécessaire dans le contexte actuel, la CGT porte une réelle alternative permettant de prendre en compte les enjeux de transports, écologiques et climatiques, en lien avec un maillage territorial ambitieux privilégiant les transports collectifs et en particulier le ferroviaire.

La loi d’orientation des mobilités en discussion au parlement en ce moment ne nous rassure pas car elle va amplifier les inégalités d’accessibilité dans les territoires, alors que l’exigence citoyenne pour des services publics de proximité, accessibles à tous, prenant en compte les besoins des plus précaires s’exprime fortement depuis plusieurs mois dans le pays, au travers du mouvement social des gilets jaunes, mais aussi dans le cadre des initiatives engagées par la CGT avec les usagers, leurs associations, les populations et de nombreux élus.

Il est temps de placer au premier plan de nos préoccupations, l’intérêt général et de stopper sans attendre la casse du service public ferroviaire orchestrée par la direction SNCF, que la convention TER votée au Conseil Régional AURA va accompagner.

Depuis le vote de cette convention, la situation pour les usagers comme pour les cheminots sur notre région ne cesse de se dégrader, et ce n’est pas en favorisant le mode routier comme le président de la région AURA le fait que nous répondrons à l’exigence citoyenne, notamment de la jeunesse, pour la préservation de la planète et de la santé publique.

Nous disposons du 2ème réseau ferré européen avec 28.364 km de voies ferrées, c’est un atout majeur que la puissance publique doit conserver pour assurer un report modal massif de la route vers le train, tant pour les voyageurs que pour les marchandises.

Le 28 juin 2019, la CGT appelle les usagers, les salariés, les cheminots, les élus, et toutes celles et tous ceux qui œuvrent pour la défense du ferroviaire public à une manifestation à 10 heures en gare de Lyon Perrache jusqu’au Conseil régional AURA, pour interpeller les élus régionaux sur les choix politiques à prendre dès demain.