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Intervention d’Agnès NATON Comité régional CGT AURA rassemblement CGT régional devant l’ARS le 4 avril 2019

jeudi 18 avril 2019
Par Agnès Naton

Bienvenu à toutes et à tous, militantes et militants de l’Ain, de l’Allier, de l’Ardèche, du Cantal de la Drôme, de l’Isère, de la Loire, de la Haute-Loire, du Puy de Dôme, du Rhône, de la Savoie et de la Haute-Savoie.

Professionnels de la santé, usagers, actifs, chômeurs ou retraités, si nous sommes rassemblés aujourd’hui devant l’ARS tous ensemble, c’est pour exprimer au directeur de l’ARS puis au Préfet, notre vécu, les raisons de notre colère et nos propositions pour soigner et reconquérir le droit à la santé de proximité pour tous, une sécurité sociale solidaire financé par le travail.

Que l’on soit professionnel de santé ou usager, en zone urbaine ou rurale, en milieu hospitalier, scolaire, à domicile, nous faisons toutes et tous les mêmes constats :

Notre système de santé est dans un état apocalyptique !

Les causes : Maîtrise des dépenses de santé, tarification à l’acte et numérus clausus, privatisation du service public de la santé…

Les conséquences : Progression du non-recours aux soins, explosion des inégalités de santé et d’espérance de vie, déserts médicaux, pénurie de médecins, réductions d’effectifs, suppressions d’établissement de proximité, non prise en charge du vieillissement…

Notre système de santé ne tient que par le surinvestissement des professionnels, en souffrance extrême, en raison des contraintes de travail infernales, ce sentiment insupportable de mal faire son travail ou de ne plus avoir les moyens de faire son travail.

Mais pour combien de temps ? Au prix de quelles conséquences pour la santé des professionnels et des usagers ?

L’Etat doit déclencher un Plan ORSEC à tous les niveaux pour répondre aux urgences vécues au quotidien par les professionnels et les usagers.

La réforme santé 2022, sous prétexte de répondre aux besoins de la population et aux évolutions technologiques ne répondra rien aux urgences, car elle reste enferrer dans des logiques financières en situant l’humain avant tout comme des variables d’ajustement budgétaires. Nous devons rejeter cette logique mortifère. Ce dont souffre notre sécurité sociale ce n’est pas de trop de dépenses mais d’un manque de ressources lié à des choix politiques d’un financement par l’impôt et un reste à charge pour les usagers toujours plus élevé.

Alors, comment ne pas exprimer indignation et colère de voir imposer au peuple de France, une nouvelle réforme santé, sans aucun débat démocratique, à marche forcée par voie d’ordonnances. Quel mépris ! Alors que notre pays témoigne d’une profonde crise du travail sociale, écologique, politique et démocratique, le gouvernement Macron poursuit son train de réformes ultralibérales. Sur le fond et la forme c’est inacceptable !

Alors que s’affirme dans tous les territoires l’urgence d’un retour à des soins de proximité et l’avènement d’une politique de prévention, d’éducation et de promotion de la santé, ce projet de loi n’apporte pas les réponses tant attendues aux défis de donner le droit à toutes et à tous de vivre et de travailler en bonne santé.

Parlons clair ! Cette nouvelle réforme "LOI SANTE 2022" n’est pas une réforme comme les autres.

Il s’agit d’un véritable changement de système de santé, de remise en cause du droit à la santé, de la Sécurité Sociale, du service public de santé au profit du privé lucratif. Il s’agit d’un changement de culture en situant chaque individu en responsabilité de sa santé et de son parcours de soins. Il sera seul face à un bouquet de services et d’applications, sans se soucier de l’effectivité du soin, de l’approche globale de la personne et de ses moyens. Nul besoin d’être grand clerc pour comprendre qu’à terme les inégalités se creuseront davantage, et qu’à partir du profil de chaque patient seront déterminés le niveau et le coût de sa protection sociale… Je devrais davantage dire, « assurance sociale ».

Il s’agit là, d’une rupture historique avec le principe fondateur de la Sécurité sociale et de son financement à partir du travail : « Chacun reçoit en fonction de ses besoins, chacun finance en fonction de ses moyens. »

Il s’agit là, d’une rupture historique du concept de santé en tant que droit individuel et droit social.

Il s’agit là d’un changement de monde de société qui ne répond en rien avec les attentes, les aspirations du monde du travail, des populations.

Réforme ou non, les besoins sont immenses, ouvrons le débat sur les lieux de travail, ouvrons grandes les portes de nos UL, de nos UD afin d’élaborer, avec les personnels, les salariés, les citoyens et d’autres acteurs des propositions alternatives répondant aux spécificités et particularités de chaque territoire.

« Les utopies d’aujourd’hui sont les réalités de demain » L’histoire de la Sécurité sociale et de notre système de santé en sont deux beaux exemples, à conjuguer au présent pour des lendemains qui chantent.

Oui, le temps est venu d’inventer et de construire de nouveaux jours heureux, une sécurité sociale répondant aux besoins d’aujourd’hui et pour demain.

Sur chaque territoire, ensemble, soyons à l’offensive, ensemble construisons les propositions et faisons nous entendre partout tous ensemble, pour rendre effectif le droit à toutes et à tous de vivre et de travailler en bonne santé, l’accès aux soins de proximité en renforçant les moyens humains et financiers de l’hôpital public.