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Intervention de la Cgt sur la place des "corps intermédiaires"

mardi 19 février 2019
Par Agnès Naton

Le Ceser, lors de sa plénière du 19 février 2019, a adopté une contribution "les corps intermédiaires : enfin écoutés ?"

Des révoltes dans une société malade

Un mouvement social inédit, protéiforme, s’enracine dans les territoires depuis plusieurs mois. Il rassemble des centaines de milliers de citoyens-travailleurs-usagers. Elles et ils ont endossé un gilet jaune, rose, une robe noire, une blouse blanche, se sont munis de stylos rouge ou encore participé aux marches pour le climat, aux manifestations contre les violences faites aux femmes. Toutes ces mobilisations sont parcourues par le même cri, la même colère, une volonté de justice sociale, fiscale, de respect, de changement.

Après avoir été trop longtemps abandonnés, méprisés, par des pouvoirs politiques forts aux idées faibles, englués par la chimère d’une gouvernance du peuple par les nombres, elles, Ils veulent être entendus et participer des transformations attendues pour travailler et vivre mieux.

Le diagnostic ne fait plus débat. La société dans laquelle nous vivons est bien malade d’un système qui tourne résolument le dos à l’Humain, au travail, à la nature et à l’intérêt général. Malade de toutes les formes de domination et d’exclusion qui rend invisible des fractions entières de la population. Malade des méfaits d’une accumulation de richesses au service d’une minorité, qui de façon exponentielle, gaspille, épuise les ressources, compromet les équilibres dynamiques de la biosphère. Une société malade de la remise en cause des services publics qui engendre l’accroissement d’ inégalités entre citoyens dans et entre les territoires.

Une crise de la démocratie dans et hors l’entreprise

Cet effondrement des valeurs du bien commun, de l’éthique de vie, s’accompagne d’une crise du travail, dans ses dimensions de reconnaissance, et révèle la dérive plus profonde qui touche à sa valeur d’usage, à l’autonomie et aux capacités que les organisations laissent aux femmes et aux hommes pour bien faire leur travail. La dévalorisation du travail atteint aujourd’hui des catégories entières de salariés et met en péril notre potentiel industriel, le service rendu aux usagers, l’éducation des futurs citoyens. Quand la dimension humaine, la qualité du travail disparaissent derrière le montant des dividendes, de la seule rentabilité et du court-terme, c’est la société qui court à sa perte, la démocratie qui est en danger.

Ce mouvement social interroge ainsi très fortement l’exercice de la démocratie et de la citoyenne-té dans la cité, au et dans le travail, avec le rejet comme jamais d’un système de domination, d’une conception verticale du pouvoir incarné par le présidentialisme de l’outrance. Cette crise du politique entraine dans sa chute une remise en cause de la démocratie représentative et des corps intermédiaires. La crise interdit donc tout maintient à l’identique et nous interpelle toutes et tous dans nos champs de responsabilités . Tourner le dos aux aspirations, ne pas répondre aux exigences de transformations économiques et sociale ou tenter de les détourner serait dangereux et nous entrainerait dans une impasse dont l’issue est connue : La tentation fasciste.

Alors, à nous de relever le défi du dit « grand débat ». Mais, Il ne sera grand qu’avec le surgissement de la parole de l’atelier, des services, des quartiers … Il ne sera grand qu’avec écoute et respect, et surtout il ne doit pas être un exercice de communication destiné à « éteindre l’incendie » sans qu’il débouche sur de profondes modifications des politiques engagées, sinon le ressentiment risquerait de provoques des explosions populaires très violentes. Nous avons là, dans des formes diverses à nous inscrire dans cette œuvre toujours recommencer à répondre par l’espérance sociale à la colère. Ne pas canaliser le ressentiment mais redonner au peuple son pouvoir d’agir pour faire société.

La contribution du CESER « les corps intermédiaires : enfin écoutés ? »

La CGT l’a analysé à partir de deux questionnements : Le CESER peut-il mieux contribuer à participer au processus démocratique, en associant plus et mieux les citoyens aux enjeux de nos territoires ? Parce qu’il représente la société civile organisée, le CESER peut-il être davantage associé, écouté, entendu par l’exécutif régional et être force de propositions afin de répondre aux besoins et attentes de changement des populations et des territoires ?

A partir d’un diagnostic partagé, nous faisons nôtres les préconisations 1, 2, 3 et 7, selon lesquelles notre légitimité, ne peut pas se révéler uniquement à l’aune de la construction d’avis pour éclairer les choix du Conseil Régional. Nos avis doivent être lus et pris en compte sous peine de n’être que des faire-valoir, que des cautions d’une démocratie verticale.

Les préconisations 4, 5 et 6 renforcent le rôle et la place singulière du CESE, d’un CESER qui soient les relais, les porte-voix des exigences citoyennes et de leur écoute dans la construction des politiques publiques. Cette volonté doit se traduire par des modifications profondes de fonctionnement au sein du CESER et de l’exécutif régional. Par exemple, les organisations syndicales rappellent régulièrement au président du Conseil Régional qu’elles souhaitent prendre toute leur place dans les instances de gouvernance des différents schémas régionaux. Ainsi, l’intersyndicale note le changement de posture du président de la Régions qui avec sa proposition de confier aux organisations syndicales de salariés et patronaux, l’organisation d’un forum régional industrie remet un peu de normalité et d’équilibre dans des rapports distendus. Enfin, et en en lien avec ce besoin de revitaliser le débat, la confrontation en territoire, avec l’ensemble des acteurs de proximité nous considérons que le CESER doit conserver son pouvoir d’agir avec la possibilité de saisine d’initiative. Cette dynamique de mise en pensée et d’actions permettrait de rester à l’écoute des signaux faibles, ce qui se murmure, les révélateurs des fractures sociales, de ce qui se construit sans attendre afin de répondre aux défis environnementaux et à la révolution informationnelle, avec cette ambition de solidarité affichée aujourd’hui pour penser demain, au service de toutes et de tous

En conclusion et à partir de ces réflexions la CGT votera pour la contribution