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Intervention Cgt au Ceser sur le projet régional "coeur de ville"

lundi 18 juin 2018
Par Laurence Margerit

Le plan "Action Cœur de ville" vise à requalifier les villes moyennes. Au niveau national, 200 à 250 villes devraient être accompagnées, en 3 promotions sur 2018, 2019, 2020. L’investissement partenarial est évalué à 5 milliards d’euros (État, Anah, caisse des dépôts et Action Logement). Ce plan vise à revitaliser le centre-ville en finançant de l’ingénierie et de l’innovation, en soutenant le commerce ou encore en
accompagnant des opérations d’habitat ou d’aménagement.

Concernant Auvergne - Rhône-Alpes, ce sont 25 villes qui ont été identifiées par l’État. La Région apportant un soutien :

- Au réaménagement des espaces publics
- Aux équipements de centralité
- Aux locaux d’activités et de commerces
- Aux modes doux et pistes cyclables

Au-delà de l’aspect forcément positif de l’apport supplémentaire de subventions à des villes moyennes, dans un contexte de baisse de dotations globales, ce énième dispositif suscite néanmoins de nombreuses interrogations concernant :

- Les critères ayant prévalu au choix par l’État de ces communes.
- L’absence des acteurs de terrain dans les Comités locaux de pilotage, puisque seuls les élus seront sollicités. Ce choix interroge. En effet, tout en se désolant de l’état de leur centre-ville, nous voyons ces mêmes élus signer des autorisations d’implantation de centres commerciaux, de multiplex en périphérie directement concurrents des cinémas et des commerces du cœur de ville. De plus, le déménagement des services municipaux dans des quartiers excentrés décidés par ces mêmes élus, allant même dans certains endroits jusqu’aux lieux culturels contribuent à la désertification. Les communes visées par le dispositif ne sont pas les dernières à pratiquer ce double langage.
- L’absence d’évaluation concernant ce dispositif.

Par ailleurs, le critère du logement n’a pas été retenu par l‘Exécutif, bien que l’accès au logement et l’amélioration de l’habitat soient des compétences désormais régionales. De plus, La Région Auvergne-Rhône-Alpes ne sera pas signataire des contrats locaux. Elle présentera en commission permanente les actions qui auront été identifiées et examinées dans les instances de pilotage locales et régionales mises en place conjointement avec l’État.

Il est à craindre que ce dispositif ne se résume à un nouveau saupoudrage d’argent public, alors qu’une nouvelle politique d’aménagement du territoire serait nécessaire associant tous les acteurs politiques, économiques et citoyens replaçant, selon le Scénario 4 d’un précédent rapport de la prospective les villes moyennes au cœur d’une stratégie nouvelle d’aménagement du territoire et de cohésion sociale.

L’avis du CESER reprenant des freins que nous avons identifiés, nous le voterons.