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Contribution « les 30 ans des 4 moteurs pour l’Europe : bilan et perspectives »

lundi 11 décembre 2017
Par Lise Bouveret

Intervention Cgt lors de la plénière du Ceser du 5 décembre

Les travaux de la commission sur les 4 moteurs de l’Europe ont permis, au fil des auditions à chacun de ses membres de s’approprier un sujet inconnu pour les Auvergnats et très mal connu des Rhônalpins.

L’entente dite des quatre moteurs pour l’Europe est, en effet née il y a presque 30 ans de la volonté des exécutifs de l’époque d’associer les Régions à la construction européenne.

Les organisations syndicales ont rapidement saisi cette opportunité pour développer des initiatives d’échanges et de coopérations qui ont été jusqu’en 2016 soutenues par les finances régionales.

Organisations d’employeurs, syndicats de salariés, exécutifs régionaux ont travaillé ensemble à plusieurs reprises au cours de conférences tripartites tenus successivement dans les 4 capitales régionales.

Si les dernières années ont vu un désengagement du patronat et des élus, les organisations syndicales ont poursuivi leurs échanges et ont tenu seules la dernière conférence qui a examiné les conséquences de la crise dans nos régions respectives, élaboré des propositions communes pour infléchir les politiques régionales et nationales.

Les actions des 4 moteurs ont progressivement glissé vers des coopérations strictement économiques, laissant de côté les dimensions sociales, éducatives et culturelles. La contribution insiste « sur le fait que l’économie ne se suffit pas à elle-même, le développement économique est la résultante d’une somme de facteurs économiques, sociaux, environnementaux et culturels. »

La politique européenne est aujourd’hui vécue par les citoyens comme une menace. Le Brexit, la montée l’extrême-droite en France, en Autriche, en Allemagne lors des dernières élections ainsi que les gouvernements nationalistes en Hongrie et en Pologne sont la preuve que les peuples ne se retrouvent plus dans les politiques européennes. L’euroscepticisme grandit et dix ans d’austérité ont fini par creuser un fossé qui menace la pérennité de la construction européenne.

Nos quatre régions sont évidemment traversées par ces courants : référendums d’indépendance en Lombardie référendum et déclaration d’indépendance en Catalogne, discours identitaires et de grand remplacement ici.

Une coopération entre 4 régions économiquement développées ne peut pas ignorer ce qui se passe au-delà de ses frontières régionales, nationales et mondiales.
La contribution évoque à juste titre la question de l’accueil des migrants. L’attitude de nombreux états-membres est aux antipodes des principes de solidarité et de cohésion affichés par l’Union Européenne.

Madame Teresa Schopper, secrétaire d’Etat du Bade Wurtemberg, présente à Lyon à l’occasion de la passation de la présidence des 4 moteurs, a pris le temps d’un long échange avec la commission : sa région a pris sa part dans la politique nationale d’accueil des migrants, avec 200 000 personnes accueillis entre 2015 et 2017 dans le cadre d’un dispositif assurant hébergement, formation et insertion professionnelle.

Alors que trop souvent ici les actes de solidarité sont qualifiés de délinquance, la contribution propose que le CESER invite les Régions à ouvrir un dialogue avec l’ensemble des acteurs associatifs, sociaux et économiques pour construire une politique solidaire alliant humanisme et intérêts économiques et sociaux.

Le cadre des Quatre Moteurs à condition qu’il intègre les dimensions culturelles, éducatives et sociales comme l’indique la contribution pourrait permettre de développer à l’échelle régionale une citoyenneté européenne faite de connaissance des langues et des cultures, d’ouverture aux autres et d’enrichissement réciproque.
C’est l’opposé d’une stratégie fondée sur la mise en concurrence des hommes et des territoires, l’excellence et la sélectivité.

Les citoyens pourraient retrouver de la confiance en la construction européenne si elle pouvait s’identifier concrètement à la protection de l’environnement, aux droits sociaux et à une convergence par le haut des conditions de vie et de travail, avec l’harmonisation fiscale et sociale pour empêcher le dumping social.

La place des régions dans la construction européenne est une réalité, concrétisée aujourd’hui en France par le transfert de la gestion des fonds européens à l’échelon régional. Pour autant la politique de cohésion que devrait financer le budget européen est loin d’avoir atteint ses objectifs : les inégalités s’accroissent, les régionalismes se développent. Ce dont ont besoin les peuples aujourd’hui c’est une Europe garante de la paix, de la sécurité, des droits de l’homme, des libertés fondamentales et des normes internationales du travail, pour chacun de ses membres

Notre contribution propose que l’entente des 4 moteurs en développant ses dimensions sociale, culturelle et éducative se donne les moyens de participer à cette construction.

Nous voterons, bien sûr cette contribution.