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Mission Liban (1) Rencontre avec la Fenasol

mardi 21 novembre 2017
Par Karine Guichard

Du 30 octobre au 4 novembre, une délégation de la Cgt Rhône Alpes, composée d’Agnès Naton, secrétaire régionale et de JJ Guigon, animateur du secteur international, s’est rendu au Liban à l’invitation de la Fenasol.

Le syndicalisme au Liban

Le syndicalisme au Liban est constitué de deux syndicats, adhérents à la FSM. La CgtL est considérée comme un syndicat proche du pouvoir et du patronat. La Fenasol est un syndicat indépendant, multiconfessionnel. Les liens avec la Cgt ont toujours été importants, par la formation syndicale, la conduite de projets solidaires, comme la participation d’enfants de militants syndicaux à des colonies de vacances en France.

La Fenasol un syndicat combatif

La FENASOL est implantée traditionnellement auprès des travailleurs dans de nombreuses secteurs (textiles, construction, …), mais aussi désormais sur des champs nouveaux (Télécommunications, Santé, Mécanique, Agriculture, Supermarchés, Travailleuses domestiques, Travailleurs journaliers, Multinationales, Energie (électricité, pétrole), Recherche, …).

Elle se bat contre les atteintes aux libertés syndicales et notamment pour l’application de la convention 87 de l’OIT.

Un autre de ses batailles se mène sur l’amélioration des salaries, le salaire minimum est gelé depuis 6 ans, une victoire a été acquise dans le secteur public par le doublement du salaire minimum.

La question des réfugiés (palestiniens, syriens) est un problème central au Liban (2 millions de réfugiés pour une population libanaise de 4.5 millions). La Fenasol lutte pour un accueil digne des migrants (logement dans les camps) mais aussi leur intégration dans le monde de travail. En effet, actuellement, le patronat exploite ces travailleurs et joue la concurrence entre les salariés libanais et étrangers pour abaisser les salaires et les garanties collectives. La FENASOL est également présente et agissante sur le champ sociétal tel la question du logement (un million de pauvres et de chômeurs risquent d’être jetés à la rue dans les mois qui viennent), de la corruption qui est omniprésente.

Comme la population du Liban, les militants syndicaux sont très jeunes, la moitié des militants dans les entreprises ont moins de 30 ans. La Fenasol a créé un collectif jeunes pour travailler les revendications spécifiques de la jeunesse. La question de la formation syndicale est un enjeu fort pour cette organisation syndicale, pour résister collectivement face aux pressions et aux discriminations syndicales.

La Fenasol dans le syndicalisme international

Concernant les relations internationales, les CCOO de Catalogne ont contribué récemment à la lutte des travailleuses domestiques de la FENASOL en finançant la publication d’un guide sur leurs droits.

La FENASOL a été l’un des créateurs de la FSM. Jusqu’à un passé récent elle a assumé une Vice-présidence. Mais ces derniers temps, La FENASOL (au nom de son indépendance) a été amené à être de plus en plus critique sur la stratégie et l’orientation de la FSM, qui lors du dernier congrès a « chassé » la FENASOL de la Vice-présidence par un véritable complot (Iran, Hezbollah, …). Depuis, une agressive campagne (cabale) internationale par Internet est menée par la FSM contre la FENASOL, qui a gelé ses relations.

La Coopération avec la Cgt

Pour la Cgt, il y a une impérative nécessité de renforcer nos projets « ensemble ». Dans chacune de nos organisations, nous militons dans un contexte de crise du travail, de la démocratie, du syndicalisme et de la politique. Nous avons la nécessité également de se tourner vers le monde des travailleurs tel qu’il évolue. Concernant le contexte français, le Président Macron est le Président des riches, le Président qui déconstruit tous les acquis sociaux, qui réduit les droits syndicaux (notamment ceux de la CGT). Nous devons à la fois lutter contre et être porteur de propositions alternatives. Le syndicalisme français est divisé, mais nous ne devons pas nous en satisfaire et jamais baisser les bras. Nous devons mener un combat commun contre les atteintes aux droits syndicaux et aux libertés syndicales. Oui les travailleurs sont en colère, mais ils sont pour beaucoup résignés. La France n’est plus une terre d’accueil.

Pour la FENASOL , il est important de (mieux) travailler les propositions alternatives. Les luttes en France ont des impacts sur les autres pays et notamment au Liban, par exemple « votre code du travail deviendra le nôtre ».


Voir en ligne : Interview de Castro Abdallah, secrétaire général de la Fenasol