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Déclaration commune des organisation syndicale lors de la signature de l’Engagement Régional en faveur des Travailleurs Handicapés

mardi 26 septembre 2017
Par Agnès Naton

Déclaration des Organisations Syndicales de salariés représentées à la commission handicap du CREFOP : Cgt, Cfdt, Fo, Cfe-Cgc, Cftc ainsi que la FSU, Solidaires et UNSA, lors de la signature de l’ERETH – Engagement régional en faveur des travailleurs Handicapés-

Aujourd’hui, 25 septembre 2017, a lieu la signature de l’Engagement Régional en faveur des Travailleurs Handicapés (ERETH). Cet engagement est issu du travail collectif de l’ensemble des différents acteurs régionaux autour de cet enjeu de société. Nous souhaitons souligner ici l’implication et la volonté de ces acteurs au service de cette réflexion commune. La collaboration s’entend sur la forme avec un document qui dépasse la simple obligation législative avec l’abandon d’un Plan Régional d’Insertion des Travailleurs Handicapés (PRITH) à vocation directive descendante au profit d’un ERETH qui génère le dialogue, la construction collective et l’enrichissement de nos actions respectives.

« Le but n’est pas seulement l’objectif mais surtout le chemin qui y conduit ». Car au-delà du document que nous signons, ce sont les échanges, les débats, les « disputes » pour l’élaboration de cet engagement qui sont importants, plus que le texte lui-même. C’est cette réflexion commune qui servira de base d’engagement aux différentes actions. Car, nous ne sommes qu’au début d’une démarche de longue haleine. La situation et la réalité du vécu des travailleurs en situation de handicap sur la Région, sans cesse en évolution nous contraint à l’efficacité.

Nous ne devons pas pour autant « réinventer l’eau chaude ». L’enjeu de l’ERETH est le « travailler-ensemble », pour sortir de nos « silos » respectifs, enfoncer des coins dans l’imperméabilité du travail institutionnel en y faisant converger des idées, des préconisations, des outils et surtout y faire pénétrer « la » réalité de l’activité de travail des personnes concernées, et la convergence de nos expériences respectives.
L’ERETH n’est pas le fruit d’un consensus « mou », et les organisations syndicales de salariés entendent bien prendre toute leur place dans la construction des plans d’actions. Elles portent la parole de ces travailleurs trop souvent écartés des décisions sur la construction de leurs propres vies au travail et dans la cité. Nous nous donnons l’objectif de faire reconnaitre et prendre en compte leur expertise dans la construction des enjeux de demain. La place des représentants des travailleurs est reconnue par la nécessité de construire avec et pour les travailleurs. A nous de croire en l’Humain, en sa capacité de construction pour faire une société où chacun est citoyen. Notre volonté n’est-elle pas que les travailleurs soient acteurs dans l’ensemble de leurs parcours professionnels ?

La participation des mandatés salariés repose majoritairement sur leur engagement bénévole et sur leur temps personnel. Se donner les moyens de la participation des représentants des salariés est une priorité garantissant un travail de fond, démocratique et en phase avec la réalité du terrain.

D’autres points restent en suspens : c’est le cas pour les objectifs qualitatifs des actions en faveur des travailleurs en situation de handicap. Un des points faibles de l’ERETH est son orientation quantitative au détriment du qualitatif ; qualité des formations, qualité des accompagnements, qualité des accords d’entreprise en faveur des TH mais surtout qualité du travail, son sens dans l’entreprise et la valeur de celui-ci.

Ne nous limitons en rien, ne pas se contenter de parler d’accessibilité de locaux ou de logiciel permettant l’insertion des personnes handicapées. Il s’agit bien de réfléchir à l’ensemble des sujets permettant une réelle politique d’inclusion, c’est-à-dire à construire une société qui ne se limite pas à une discrimination positive - qu’il vaudrait mieux appeler actions positives – mais bien une égalité qui ne peut être réelle que si on traite les causes des inégalités. Une personne n’est pas handicapée dans l’absolu, elle l’est par rapport à un contexte, une situation, un accident.

De plus, nos actions en faveur de l’inclusion et du maintien dans l’emploi des travailleurs handicapés doivent servir à l’ensemble des travailleurs, handicapés ou non. En effet, l’adaptation d’un poste de travail, la modification d’une organisation permettant l’inclusion d’un travailleur en situation de handicap, permet de réfléchir collectivement, à un moment donné, sur le travail lui-même. Ce travail, s’il est étendu et débattu sur l’ensemble du secteur bénéficiera à l’ensemble de collectivité de travail et favorisera l’égalité de droits de tous pour tous. La modification d’une machine diminuant une contrainte d’un travailleur handicapé, n’est-elle pas une innovation préventive pour le reste de l’équipe ? N’est-ce pas cela l’amorce d’une politique de prévention ?

Les organisations syndicales de salariés prendront toute leur place dans les réflexions et travaux issus de l’ERETH par l’élaboration d’idées issues du travail réel, seule garante de l’effectivité des innovations de demain et proposons que le suivi et l’évaluation de l’ERETH soit assurée par la commission handicap du CREFOP.