CGT Comité Régional Rhône-Alpes

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Intervention d’Agnès Naton lors de la manifestation des cheminots au Puy en Velay

lundi 17 avril 2017, par Karine Guichard

Bravo à toutes et à tous pour votre participation à cette belle journée de lutte sous le soleil du Puy. Venus de tous les départements vous êtes plus de 1000 à avoir battu le pavé de la ville du président du conseil régional.

Quelle belle manifestation ! Elle appelle d’autres rendez-vous ! Le 1er Mai tous ensemble, public, privé, salariés, retraités, jeunes, chômeurs….pour faire entendre nos revendications, nos propositions pour le progrès social et le développement solidaire et durable de nos territoires.

L’ensemble des unions départementales et des professions de la région Auvergne-Rhône-Alpes, les conseillers CGT du CESER vous expriment soutien et solidarité et s’engagent dans l’action au long cours engagés par les cheminots dans cette région pour exiger avec les usagers, les associations d’usagers auprès des directions, des politiques et des élus, l’urgence d’une politique globale des transports, le développement et la reconnaissance du fret ferroviaire comme une activité d’intérêt général, dans une région asphyxiée par le tout routier dangereux pour la santé et l’environnement.

Le transport collectif doit être développé, c’est un enjeu de mobilité, comme au niveau social ou environnemental. Ce n’est pas qu’une question financière mais un enjeu de société, de santé publique, de développement économique.

Alors que nous avons connu dans l’hiver des pics de pollution avec des mesures drastiques de réduction de la circulation routière, que nous savons d’ores et déjà que cela va recommencer, que Grenoble, la vallée d’Arve ne respirent plus, la priorité donnée par le Conseil Régional au tout routier relève au mieux de l’inconscience au pire de l’indifférence totale à la santé et à la vie des habitants de la région. En parallèle, l’instauration de lignes d’autocars « Macron » en parallèle ou en remplacement des lignes de trains est une aberration alors que le transport est en France, le premier secteur émetteur de gaz à effet de serre et le plus énergivore, soit trois quarts de la consommation finale de produits pétroliers en France. Encore faut-il préciser que les transports routiers sont responsables de 94,4 % de ces émissions et totalisent 95 % de la consommation du secteur avec des conséquences majeures en matière de santé.

Dans le même temps, le service se dégrade, matériels en panne, accidents, manques de personnel provoquent retard et suppression de train. On voudrait dégouter les usagers et tuer le transport ferroviaire, on ne s’y prendrait pas autrement.

Dans le même temps, le président de la région fait la chasse aux pauvres dans les trains En supprimant le tarif Illico Solidaire, Laurent WAUQUIEZ a décidé la multiplication par 2,5 des tarifs TER pour les jeunes en insertion professionnelle, les demandeurs d’emplois faiblement indemnisés et les allocataires du RSA, et tout cela au prétexte de lutte contre l’assistanat.

La priorité doit être à la réduction du transport routier sur notre région, à la fois sur le fret et la mise des camions sur le rail et à la fois sur les voyageurs. Un transport sûr, ponctuel, respectueux de l’environnement et accessible à tous.

La convention TER est un outil majeur de la politique régionale des transports. Le Président de la Région en imposant au mois de décembre une prolongation de la convention à sa main, en imposant tarifs et pénalités à la SNCF a donné un signe négatif de sa conception du dialogue.

Depuis quelques mois, une négociation s’est engagée dans l’opacité totale, ni les cheminots, ni les usagers ne connaissent les contenus de cette négociation. Les comités de lignes sont au point mort, tout est suspendu à cette négociation secrète.
La Cgt réclame une transparence, tant de la part de la Région que de la part de la SNCF, dont elle a, à plusieurs occasions, dénoncé le manque de clarté sur les coûts réels des TER.

Force est de constater que depuis plusieurs années, les choix politiques de l’Etat et de la SNCF nuisent gravement au service public ferroviaire, à la sécurité et à l’environnement et permettent la captation du bien public par des intérêts privés contraire aux valeurs et aux missions du service public.

Ces choix politiques sont contraires à l’égalité des usagers, des territoires et de leur développement. Ils constituent des gouffres financiers, des gâchis humains, économiques et des graves dangers pour l’environnement.

Ces stratégies mises en œuvre par les gouvernements successifs sont lourdes de sens et de conséquences pour le service rendu aux usagers, lourdes de sens et de conséquences pour les cheminots et les travailleurs du secteur des transports, alors que des moyens financiers existent et doivent être mobilisés au service de l’intérêt général.

Une intervention publique forte est ainsi plus que nécessaire, notamment pour développer les atouts de la SNCF et privilégier le rail et mettre à juste contribution les transporteurs routiers comme l’entretien des infrastructures routières et autoroutières.

Parce que nous ne pouvons pas nous résoudre à un telle politique aussi désastreuse la CGT d’Auvergne et de Rhône-Alpes avec ses organisations de Cheminots, ses conseillers CESER ont produit un cahier des charges pour la prochaine convention TER, des propositions alternatives et un matériel grand public, afin de démontrer que le fret ferroviaire a de l’avenir pour répondre aux besoins des usagers et réduire les inégalités territoriales.

Les cheminots et les structures de la CGT entendent faire connaitre ces propositions à l’exécutif régional, à la direction de la SNCF mais surtout aux travailleurs, aux usagers, aux associations d’usagers, afin de faire grandir la mobilisation nécessaire pour se transporter en toute sécurité et à un coût raisonnable à égal accès sur l’ensemble de notre région. Le service public ferroviaire, l’emploi public on y tient !