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Industrie et transitions, quelles articulations entre travail, emploi, production et innovation ? Éléments de réponse à partir d’entreprises et filières industrielles structurantes en Auvergne-Rhône-Alpes

mardi 4 avril 2017
Par Karine Guichard, Sylvain Vatan

L’Adees (association de développement des études économiques et sociales), outil économique de la Cgt, a entrepris un travail d’étude de la question des transitions industrielles à partir de l’articulation entre travail, emploi, production et innovation. Réalisé en 2016, ce travail repose sur des monographies et des échanges réalisés avec des responsables syndicaux et des consultants de cabinets d’expertise intervenant auprès de Comités d’Entreprises d’entreprises industrielles.

La région Auvergne-Rhône-Alpes est la première région industrielle de France en termes d’emplois (500 000 emplois industriels). Bien que leur nombre se soit considérablement affaibli au cours des dernières décennies et que la part globale de l’industrie dans l’emploi total ait diminué au niveau régional, la région reste le moteur industriel français sur un certain nombre de filières (chimie, textile notamment) et nombre de ses territoires restent fortement marqués par l’emploi industriel.

La question des transitions industrielles constitue donc un enjeu important pour l’économie auvergnate et rhônalpine, notamment dans un contexte marqué par une accélération des innovations technologiques et le développement de politiques publiques autour de l’industrie et de l’usine « du futur ».

L’étude de l’Adees fait apparaitre la complexité des relations entre les innovations et évolutions technologiques et l’ensemble du secteur industriel, de la conception à la production. Plus précisément, elle insiste sur la notion de « transitions » industrielles pour souligner que les évolutions se font dans le cadre de ruptures mais aussi de continuités (sur les produits, les procédés, les qualifications), contestant fortement l’opposition entre vieille et nouvelle industrie. Surtout, elle cherche à rompre avec l’idée d’un « big bang » industriel qui découlerait nécessairement des innovations technologiques contemporaines (impression additive, numérisation, robotisation…).

Pour autant, s’il n’y a pas de révolution, de nombreuses évolutions sont à l’œuvre depuis longtemps sur différentes technologies et l’accélération de leur interconnexion peut et risque de provoquer un « saut qualitatif » et une transformation en profondeur de la production industrielle.

Cette étude est plusieurs parties :
-  l’évolution récente des politiques industrielles : le passage de la filière à la politique d’innovation
-  la question des marchés et des besoins dans l’évolution des produits et des procédés.
-  Les transitions concernant le travail et l’emploi
- La place des territoires : source de savoirs faire locaux
-  des orientations stratégiques des entreprises : non négociées et parfois même non discutées que ce soit dans les entreprises ou à l’extérieur des entreprises aux différents échelons territoriaux.