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Les 1eres assises de l’apprentissage du conseil Régional Auvergne Rhône Alpes ou les premières assises de la com…

mercredi 15 février 2017
Par Stéphane Bochard

Ce jeudi 19 janvier 2017, se tenait les assises de l’apprentissage décidée et organisée par le conseil régional ou plutôt Laurent Wauquiez.

En effet, au vu de l’introduction de cette journée par le Président du conseil régional et sa personnalisation de l’événement, nous pouvons nous interroger de ce qui relève du choix collectif de la majorité régionale.

Sur la forme, la ligne est toujours la même. Faire un coup de communication devant les cfa et acteurs de l’apprentissage, de la formation et l’orientation en clivant le plus possible. Paris contre Auvergne, Education Nationale contre conseil régional, lycées contre cfa, Auvergne contre Rhône Alpes, les bons contre les mauvais… Bref le meilleur, c’est qui ? Ben c’est lui. Puis se faire prendre en photo avec les 37 apprentis participant à la finale nationale des prochaines olympiades des métiers à Bordeaux au nom de l’excellence régionale. « La méritocratie républicaine »

Est-ce qu’une bonne communication (si on peut l’appeler comme cela) fait une bonne politique pour les Auvergnats et les Rhônalpins ? C’est une autre histoire. Et là, on en vient au fond.

En annonçant faire mieux que la voie scolaire de l’Education Nationale parce qu’elle produit des inégalités, le Président du conseil régional se fixe l’objectif de faire d’Auvergne Rhône Alpes la première région en matière d’apprentissage et d’atteindre les 55 000 apprentis, le président du conseil régional promet des mesures :
-  Tous les dispositifs dont bénéficient les étudiants, les lycéens seront étendus aux apprentis
-  Afin de prendre en compte l’éloignement des apprentis par rapport à leur lieu de travail, la subvention THR (Transport Hébergement Restauration) sera revalorisée auprès des CFA.
-  Faire son apprentissage en dehors du territoire national, en Europe doit être possible. Création d’un dispositif équivalent à Erasmus pour les apprentis.
-  Mieux informer les jeunes sur l’offre de formation par apprentissage et les offres d’embauche en contrat d’apprentis.
-  Il faut des sites d’un niveau correct pour de bonnes conditions d’accueil. L’investissement pour les CFA sera augmenté de 50%.
-  Ouvrir des places supplémentaires même si l’Education Nationale n’est pas d’accord.
-  Développer l’apprentissage dans le supérieur pour en faire une voie d’excellence.

La politique du chiffre, être le premier, sont les seuls arguments pour motiver les choix politiques régionaux en matière d’apprentissage.

Mais pouvons-nous faire de l’apprentissage la voie d’excellence de la formation initiale pour tous les Auvergnats et Rhônalpins ? Cette question, le Président du conseil régional ne se la pose même pas.

Pourtant, après lecture des dernières enquêtes publiées par le cereq (Bref n°546), les choix régionaux sont loin d’être les bons.
-  Développer l’apprentissage dans le supérieur, c’est le développer dans les niveaux de formation les moins exposés au risque de chômage ainsi que dans les filières offrant des débouchés les plus favorables.
-  Dire que l’apprentissage lutte contre les inégalités, c’est oublier que l’entrée en apprentissage est sélective (c’est un contrat de travail). De ce fait les jeunes socialement défavorisés risquent peu de bénéficier des avantages procurés par cette voie de formation.
-  Vouloir le développer en concurrence de la voie scolaire, c’est omettre que la crise impacte doublement l’apprentissage tant en raréfaction de l’offre de contrats que de détérioration de l’insertion des apprentis.

Alors si le conseil régional souhaite véritablement lutter contre les inégalités, pourquoi fait-il des choix pour ceux qui ont déjà les meilleures chances de réussir.

Pourquoi, ne développe-t-il pas les niveaux V et IV, pourquoi ne travaille-t-il pas à la qualité des formations, à la lutte contre le décrochage des apprentis, à l’égalité femme-homme, à la lutte contre les discriminations dès l’entrée dans cette voie de formation, à l’amélioration des conditions de vie mais aussi de travail auprès des employeurs, à la complémentarité des voies de formation scolaire et par apprentissage… ?

Apprentissage, Formation des demandeurs d’emploi, Culture, Transports, Recherche, …la stratégie est toujours la même faire des économies sur le dos de ceux qui en ont le plus besoin pour donner à ceux qui ont déjà les moyens.